Comment l’enrubannage améliore la valeur nutritionnelle des fourrages

Une technique agricole qui s’impose à contre-courant des habitudes, voilà ce que représente l’enrubannage. Cette méthode, centrée sur une conservation soignée des fourrages, consiste à envelopper hermétiquement les balles de foin dans un film plastique. En limitant l’entrée d’oxygène, elle lance une fermentation anaérobie qui préserve au maximum les protéines, glucides et fibres digestibles. Résultat : une densité nutritionnelle maintenue, des pertes minimes et une énergie intacte, prête à nourrir le troupeau, même plusieurs mois après la récolte.

Pour ceux qui souhaitent tirer le meilleur de leurs réserves de fourrages, l’enrubannage se positionne comme une alternative crédible et performante face au foin classique.

Comprendre l’enrubannage et ses principes de base

L’enrubannage repose sur des règles simples mais précises. Tout commence au champ, lors de la récolte de l’herbe, idéalement au début de la floraison, pour capter un maximum de nutriments. L’herbe est ensuite laissée à sécher jusqu’à ce qu’elle atteigne 40 à 60 % de matière sèche, seuil critique pour garantir la suite du processus.

La fermentation anaérobie constitue le cœur de la méthode. Après pressage, les balles sont soigneusement emballées dans une pellicule plastique étanche. Coupées de l’air, les bactéries lactiques s’activent, produisant de l’acide lactique qui fait rapidement chuter le pH. Ce nouvel environnement stoppe net le développement de moisissures ou de bactéries indésirables, tout en assurant une excellente conservation des nutriments.

Voici les principaux bénéfices concrets de cette technique :

  • La quasi-intégralité des nutriments est préservée grâce à l’absence d’oxygène.
  • Le fourrage enrubanné, enrichi d’acide lactique, séduit davantage le bétail par sa saveur.
  • Stockées à l’abri de la lumière et de l’air, les balles conservent leurs qualités pendant plusieurs mois.

La maîtrise de l’humidité s’avère vitale : trop d’eau, et la fermentation tourne mal ; trop peu, et la fermentation lactique ne s’enclenche pas. Le choix du film plastique n’est pas anodin non plus : un plastique solide et imperméable offre une protection maximale contre les déchirures et les infiltrations d’air.

Le tableau nutritionnel du fourrage s’en ressent : protéines, glucides, énergie, tout est mieux protégé qu’avec les méthodes de conservation classiques. Les pertes durant le stockage ou lors de la distribution sont nettement réduites, ce qui représente un atout de poids pour les exploitations soucieuses d’optimiser leur autonomie fourragère.

Les techniques d’enrubannage et leur impact sur la qualité nutritionnelle

La qualité finale du fourrage dépend largement de la manière dont l’enrubannage est conduit. Plusieurs paramètres jouent un rôle déterminant, à commencer par la densité des balles. Une balle trop peu compacte laisse des poches d’air, terrain de jeu idéal pour les moisissures. Il vaut donc mieux viser une compression maximale pour garantir la conservation.

Les matériaux d’enrubannage

Le choix du film plastique intervient aussi dans la réussite du procédé. Les films multicouches offrent une barrière supérieure à l’oxygène, limitant les risques d’altération. Ce soin apporté à l’emballage se traduit directement par une préservation accrue des nutriments du fourrage.

La gestion de l’humidité, elle, ne laisse pas de place à l’approximation. Pour que la fermentation lactique soit optimale, la matière sèche doit se situer entre 30 et 50 %. S’écarter de cette plage, c’est s’exposer soit à une conservation défaillante, soit à une perte de valeur nutritionnelle.

Les étapes de l’enrubannage

Voici les différentes phases à respecter pour obtenir un fourrage de qualité :

  • Couper l’herbe à un stade de croissance où sa concentration en nutriments est maximale.
  • Laisser sécher le temps nécessaire afin d’atteindre une matière sèche idéale avant le pressage.
  • Procéder à l’enrubannage dès que possible pour éviter l’oxydation et préserver la fraîcheur du fourrage.

Chaque étape, menée avec rigueur, joue un rôle direct dans la conservation des qualités nutritionnelles. Un enrubannage bien réalisé, c’est l’assurance de fournir au troupeau un fourrage riche qui contribue à la performance de l’élevage.

La fermentation anaérobie, élément clé de cette méthode, mérite une attention particulière. Pour ceux qui souhaitent approfondir, la page dédiée à la fermentation anaérobie détaille ses mécanismes et ses bénéfices pour la conservation des fourrages.

Comparaison de l’enrubannage avec d’autres méthodes de conservation des fourrages

En matière de conservation des fourrages, l’enrubannage tire son épingle du jeu face aux techniques traditionnelles. L’ensilage, par exemple, mise lui aussi sur la fermentation anaérobie, mais il impose la construction de silos et des investissements non négligeables. L’enrubannage, lui, s’adapte directement sur le terrain, sans dépendre d’infrastructures lourdes. Cette souplesse facilite la gestion quotidienne des stocks et allège le poste « logistique ».

Sur le plan nutritionnel, l’enrubannage marque nettement la différence. Les pertes en protéines et en énergie restent limitées, là où le séchage classique expose le fourrage aux caprices du climat, au vent, au soleil, et donc à une dégradation accélérée des nutriments.

Comparatif des méthodes

Méthode Avantages Inconvénients
Enrubannage Meilleure qualité nutritionnelle, flexibilité de stockage Coût du film plastique
Ensilage Bonne conservation, fermentation contrôlée Nécessite des silos, coûts d’infrastructure
Séchage Technique simple, peu de coûts initiaux Perte de nutriments, dépendance aux conditions climatiques

La flexibilité offerte par l’enrubannage se retrouve aussi dans la facilité de déplacement des balles, bien plus aisée que celle des silos d’ensilage ou des bottes de foin traditionnelles, souvent lourdes et peu maniables.

Pour qui recherche une solution fiable, capable de préserver les valeurs nutritionnelles du fourrage tout en simplifiant la gestion des stocks, l’enrubannage s’impose comme une réponse concrète et pragmatique.

fourrage enrubanné

Les avantages et inconvénients de l’enrubannage pour l’alimentation animale

Pour l’alimentation animale, l’enrubannage apporte un vrai gain qualitatif. En conservant les protéines et l’énergie contenues dans l’herbe, il assure une ration mieux équilibrée et plus riche. Le bétail, séduit par la palatabilité du fourrage enrubanné, consomme davantage, ce qui se traduit par une meilleure santé et une productivité accrue.

Un autre avantage de taille : la réduction des risques de contamination. Les moisissures et mycotoxines, fréquentes dans les fourrages mal stockés, sont beaucoup plus rares ici. Cette sécurité alimentaire limite l’apparition de maladies et favorise le bon développement des cheptels.

Mais tout n’est pas parfait. Le coût du film plastique représente un investissement supplémentaire, même si ce matériau peut être recyclé. Cette gestion des déchets plastiques requiert une organisation spécifique, sous peine de générer des nuisances environnementales.

Enfin, le succès de l’enrubannage passe par un vrai savoir-faire. Les étapes de coupe, de séchage, de pressage et d’emballage doivent être maîtrisées. Une erreur, et c’est l’ensemble du processus qui peut être compromis, avec à la clé des pertes de qualité et de rendement.

Maîtriser l’enrubannage, c’est jouer la carte de la qualité pour l’alimentation animale, tout en veillant à la rigueur technique et à la gestion des coûts. Sur un champ fraîchement coupé ou dans l’étable, cette méthode trace un chemin entre tradition et innovation pour garantir une alimentation animale toujours plus performante.

Choix de la rédaction