Radikal est un désherbant à base de glyphosate. Depuis le 1er janvier 2019, la loi Labbé interdit la vente et l’utilisation de pesticides de synthèse aux particuliers en France. Stocker un bidon de Radikal désherbant chez soi pose donc une double question : celle de la sécurité domestique et celle du cadre réglementaire qui entoure ce produit.
Radikal désherbant et glyphosate : un produit que les particuliers ne peuvent plus acheter
La confusion persiste chez beaucoup de jardiniers amateurs. Radikal contient du glyphosate, une substance active classée parmi les herbicides systémiques. Or, la loi Labbé interdit aux particuliers l’achat et l’emploi de ce type de produit depuis janvier 2019. Seuls les professionnels disposant d’un certificat Certiphyto peuvent encore s’en procurer dans des circuits spécialisés.
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Conserver un ancien bidon de Radikal à la maison revient à garder un produit dont l’usage vous est légalement interdit. La question du stockage sécurisé reste pertinente (le bidon existe, il faut bien le gérer), mais elle s’accompagne d’une réalité que peu de guides mentionnent : ce produit n’a plus vocation à rester indéfiniment dans un garage ou un abri de jardin domestique.

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Contamination au glyphosate : ce que le stockage prolongé change
Un bidon de désherbant n’est pas un objet inerte. Le glyphosate présente une persistance dans le sol qui peut atteindre plusieurs mois selon les conditions. Dans un local de stockage, les risques sont d’un autre ordre, mais tout aussi concrets.
Fuites et vapeurs dans un espace confiné
Un contenant ancien, dont le bouchon a été ouvert plusieurs fois, perd progressivement son étanchéité. Une microfuite suffit à contaminer une étagère, un sol de garage ou des outils voisins. Dans un espace mal ventilé, les vapeurs stagnent à basse hauteur, exactement là où un enfant ou un animal domestique respire.
Le glyphosate en solution aqueuse ne s’évapore pas massivement, mais les co-formulants présents dans les désherbants commerciaux (tensioactifs, solvants) sont souvent plus volatils que la substance active elle-même. Ce sont eux qui provoquent les irritations cutanées et respiratoires lors d’une exposition accidentelle.
Dégradation du contenant avec le temps
Les bidons en plastique de qualité courante se fragilisent après quelques années. L’exposition à des écarts de température (gel hivernal, chaleur estivale dans un abri de jardin) accélère ce vieillissement. Un bidon stocké depuis plusieurs saisons peut se fissurer sans signe visible de l’extérieur.
Conditions de stockage sécurisé pour un désherbant à base de glyphosate
Tant que le bidon est chez vous, voici les précautions à appliquer sans compromis :
- Placer le contenant dans une armoire fermée à clé, en hauteur, hors de portée des enfants et des animaux. Un local séparé de l’habitation (abri extérieur, remise) est préférable à un placard de cuisine ou de buanderie.
- Maintenir le bidon dans un bac de rétention étanche (un simple bac en plastique rigide suffit) pour contenir toute fuite éventuelle sans contaminer le sol ou les surfaces alentour.
- Conserver l’étiquette d’origine lisible sur le contenant. En cas d’ingestion accidentelle, les secours ont besoin de la composition exacte du produit, pas d’un bidon anonyme.
- Ne jamais transvaser le produit dans une bouteille alimentaire, un arrosoir ou tout autre récipient qui pourrait créer une confusion. La majorité des intoxications domestiques aux pesticides provient d’un reconditionnement artisanal.
- Stocker à l’abri du gel et des températures dépassant largement les conditions ambiantes, pour limiter la dégradation du contenant.
Ces mesures réduisent le risque immédiat. Elles ne règlent pas le problème de fond : vous détenez un produit interdit d’usage dont la durée de conservation n’est pas illimitée.

Déchetterie et collecte : comment se débarrasser de Radikal désherbant
La solution la plus directe reste l’élimination. Les déchetteries municipales acceptent les produits phytosanitaires non utilisés dans le cadre de la filière PPNU (produits phytopharmaceutiques non utilisables). Certaines collectivités organisent aussi des collectes ponctuelles, souvent au printemps.
Déposer le bidon en déchetterie est gratuit et met fin au risque domestique. Le produit sera orienté vers une filière de traitement des déchets dangereux, ce qui évite toute contamination de l’eau ou du sol.
Quelques points à vérifier avant de vous déplacer :
- Appeler votre déchetterie pour confirmer qu’elle dispose d’un point de collecte pour les produits phytosanitaires (ce n’est pas systématique dans toutes les communes).
- Apporter le bidon dans son emballage d’origine, fermé, sans le vider dans un évier, une canalisation ou sur le sol du jardin.
- Ne pas mélanger le produit avec d’autres déchets chimiques dans un même contenant.
Alternatives au désherbage chimique après le retrait de Radikal
Une fois le bidon éliminé, la question du désherbage reste entière. Les produits de biocontrôle autorisés aux particuliers (mention EAJ) utilisent des substances comme l’acide pélargonique ou l’acide acétique, qui agissent par contact sur les parties aériennes des plantes. Leur mode d’action diffère radicalement du glyphosate : ils ne migrent pas vers les racines et nécessitent des applications répétées.
Le désherbage thermique, le paillage épais ou l’arrachage manuel restent les méthodes les plus sûres pour un jardin domestique. Aucune ne présente de risque de contamination pour le sol ou pour l’eau du réseau.
Garder un vieux bidon de Radikal désherbant par habitude ou « au cas où » expose votre foyer à un risque chimique réel et vous place en marge de la réglementation. Le geste le plus protecteur pour votre famille reste de confier ce produit à la filière de collecte adaptée, puis de basculer vers des pratiques de désherbage compatibles avec un usage domestique.

