Le dosage de la bouillie bordelaise pour 1 litre varie selon la culture traitée, la concentration en cuivre du produit et le nombre d’applications déjà réalisées dans la saison. Une erreur de quelques grammes par litre suffit à brûler un feuillage de tomates ou à saturer un sol en cuivre pour plusieurs années.
Concentration en cuivre et dosage par litre : ce que l’étiquette ne rend pas évident
La plupart des produits vendus en jardinerie affichent une teneur en cuivre métal de 20 % du poids total de la poudre. Verser 5 g de poudre dans 1 litre d’eau ne revient donc pas à apporter 5 g de cuivre, mais environ 1 g de cuivre actif.
Cette distinction compte, parce que les plafonds réglementaires européens portent sur le cuivre métal apporté au sol, pas sur le poids brut de poudre. Raisonner en grammes de produit sans convertir en grammes de cuivre conduit à dépasser les seuils sans le savoir.
| Culture | Dose indicative de poudre pour 1 litre (produit à 20 % de cuivre) | Cuivre métal apporté par litre |
|---|---|---|
| Tomates (préventif) | 5 g | ~1 g |
| Pommes de terre | 5 à 8 g | ~1 à 1,6 g |
| Vigne | 5 g | ~1 g |
| Arbres fruitiers (hiver) | 10 g | ~2 g |
Ces repères s’appliquent aux formulations courantes à 20 % de cuivre. Un produit plus concentré (25 %) impose de réduire la quantité de poudre proportionnellement. Vérifier le pourcentage de cuivre métal sur l’emballage est la première étape avant tout calcul.

Erreurs de dosage bouillie bordelaise : les trois pièges les plus fréquents au potager
Reproduire un dosage ancien sans relire l’étiquette actuelle
Les homologations des produits à base de bouillie bordelaise ont évolué. Les fabricants ajustent désormais les doses recommandées et le nombre d’applications annuelles pour respecter les plafonds de cuivre réglementaires. Un dosage trouvé dans un livre de jardinage d’il y a vingt ans peut dépasser ce que le produit actuel autorise.
Avant chaque saison, relire l’étiquette de son propre flacon reste le réflexe le plus fiable. Les indications en kg/ha figurant parfois sur l’emballage se convertissent en g/L en divisant la dose hectare par le volume de bouillie préconisé pour cette même surface.
Surdoser sur les tomates par réflexe de protection
Le mildiou de la tomate génère une anxiété compréhensible. La tentation de forcer la dose pour « mieux protéger » produit l’effet inverse : un excès de cuivre sur les feuilles provoque des nécroses brunes, parfois confondues avec une maladie supplémentaire. Les jeunes plants et les feuilles mouillées par la rosée sont particulièrement sensibles.
Un traitement à dose correcte appliqué au bon moment protège mieux qu’un surdosage tardif. La bouillie bordelaise agit en prévention, pas en curatif. Une fois le mildiou installé dans les tissus de la plante, augmenter la concentration ne le fera pas reculer.
Ignorer le cumul annuel de cuivre dans le sol
Certaines formulations homologuées pour les jardins amateurs limitent l’usage à 3 applications par an sur un même emplacement. Cette contrainte figure sur l’étiquette au titre de l’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) du produit. Ce n’est pas un simple conseil de jardinage, c’est une condition d’utilisation légale.
Le cuivre ne se dégrade pas biologiquement. Chaque application s’additionne dans le sol, saison après saison. Un potager traité régulièrement pendant plusieurs années accumule du cuivre qui finit par devenir toxique pour les vers de terre et les micro-organismes du sol.
- Tenir un carnet de traitement avec la date, la dose et la culture visée permet de suivre le cumul annuel
- Alterner les parcelles traitées d’une année sur l’autre réduit la charge en cuivre localisée
- Espacer les applications d’au moins deux semaines laisse le temps d’observer si le traitement a suffi avant d’en refaire un
Préparation d’1 litre de bouillie bordelaise : ordre des gestes et température de l’eau
La qualité de la dilution influence directement l’efficacité du traitement et l’homogénéité de la pulvérisation. Verser la poudre dans l’eau (et non l’inverse) évite la formation de grumeaux qui bouchent les buses du pulvérisateur.
L’eau tiède, entre 15 et 20 °C, dissout mieux le sulfate de cuivre que l’eau froide. Une eau trop chaude, en revanche, accélère l’oxydation et peut réduire l’efficacité du produit. L’eau du robinet convient dans la plupart des cas, mais une eau très calcaire peut modifier le pH de la solution.
- Mesurer la poudre avec une balance de cuisine (précision au gramme) plutôt qu’avec une cuillère, dont le volume varie selon le tassement
- Remuer pendant une à deux minutes jusqu’à dissolution complète, sans laisser de dépôt au fond
- Utiliser la solution dans les heures qui suivent la préparation, car elle perd en efficacité en reposant
- Pulvériser sur un feuillage sec, de préférence le matin après évaporation de la rosée

Bouillie bordelaise et réglementation cuivre : ce qui a changé pour les jardiniers amateurs
La ré-approbation du cuivre au niveau européen a entraîné un abaissement progressif des quantités maximales autorisées. Les produits vendus en jardinerie intègrent ces nouvelles limites dans leurs recommandations d’emploi. Un jardinier qui suit l’étiquette de son produit actuel respecte automatiquement le cadre en vigueur.
Le problème survient quand on prépare sa bouillie à partir de recettes trouvées en ligne ou transmises oralement, sans se référer au produit précis que l’on a acheté. Deux produits de marques différentes peuvent recommander des doses par litre différentes pour la même culture, simplement parce que leur concentration en cuivre n’est pas identique.
En à l’inverse des traitements professionnels soumis à des contrôles réguliers, l’usage amateur repose entièrement sur la lecture correcte de l’étiquette et l’autodiscipline du jardinier. La marge d’erreur est plus grande, mais les conséquences sur un petit potager se concentrent sur une surface réduite, ce qui amplifie localement l’impact d’un surdosage.
Le dosage de la bouillie bordelaise pour 1 litre se résume à une pesée précise, une lecture attentive de l’étiquette et un suivi du nombre d’applications par saison. Sur un potager de petite surface, chaque gramme en trop se paie en feuillage brûlé ou en cuivre stocké dans le sol pour longtemps.

